
Impact des habitudes sur la capacité d’innovation
1 juin 2020Conversation avec Joël de Rosnay sur les changements en cours
3 août 2020Parution le 11 mai 2020
9 outils pour la conduite du changement
La conduite du changement, sujet d’actualité qui concerne tous les pans de notre société est plus facile à dire qu’à faire.
Claire Berthomieu, consultante spécialiste, nous livre ici quelques-uns des outils clés qu’elle considère pertinents et efficaces face à nos enjeux collectifs et contemporains.
Elle précise toutefois que chacun des outils présentés ci-dessous ne peuvent pas être suffisants à utiliser seuls en conduite du changement. C’est combinés que la magie peut opérer.
1.Neurosciences :
Avec les avancées récentes sur la plasticité cérébrale, nous savons maintenant qu’il n’y a pas un seul comportement qui ne puisse être modifié. C’est ce qui a permis la survie des êtres humains. C’est ce qui nous permettra de nous adapter aux enjeux modernes. La consultante maîtrise une application pragmatique de la plasticité cérébrale.
Sources :
Joël de Rosnay, « La Symphonie du vivant », Edition LLL, 2018.
Idriss Aberkane, « Libérez votre cerveau! Traité de neurosagesse pour changer l’école et la société », Paris, Robert Laffont, 2016.
2. Analyse systémique et approche symbiotique :
La symbiose est un principe clés de la vie biologique. Elle repose sur le mutualisme, la confiance et l’échange.
Idéal, puisque ce sont les bases des systèmes commerciaux et économiques.
Une entreprise, un groupe, peut donc être considéré comme une colonie d’individus par exemple. Tout d’abord, il faut une symbiose entre les individus. C’est un axe de travail en conduite du changement.
Ensuite, si une entreprise est considérée comme un organisme vivant, une colonie (fourmis, thermites, abeilles, etc…), elle se mettra en mouvement autour d’un besoin commun.
C’est ce qui génère une dynamique. Ne jamais penser que c’est paradoxal avec une évolution lucrative d’entreprise par exemple. L’analyse systémique des nombreux paramètres devient donc la seule méthode possible pour identifier cette clé qui va générer le mouvement du groupe.
Source : Joël de Rosnay, Docteur ès Sciences, Directeur de la Prospective et de l’Évaluation de la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette jusqu’en juillet 2002, Directeur des Applications de la Recherche à l’Institut Pasteur, Entre 1975 et 1984, ancien chercheur et enseignant au Massachusetts Institute of Technology (MIT) dans le domaine de la biologie et de l’informatique, Directeur Scientifique à la Société Européenne pour le Développement des Entreprises. Aujourd’hui écrivain conférencier et consultant en prospective, je recommande tous ses écrits et particulièrement :
« L’homme symbiotique, regards sur le troisième millénaire », Joël de Rosnay, Seuil, 1995.
3. Développement durable et participatif :
Pour réussir une transition collective, il faut que le groupe s’approprie le projet. L’appropriation fédère et dynamise la démarche.
Depuis 60 ans maintenant les professionnels du développement durable, en agronomie ou en santé publique par exemple, savent consulter, écouter, traduire, appliquer les principes de la démocratie participative afin de fédérer des communautés autour de projets collectifs. Ses principes et méthodes s’appliquent maintenant à toute forme de transition sociétale.
Sources :
Article « Les Objectifs du Développement Durable, ODD pour 2030 », Ministère de la Transition écologique et Solidaire, juillet 2019.
Lien : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/ODD
MICHELOT, Agnès, 2009 « La construction du principe de participation : réflexions autour de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement », La démocratie environnementale. Participation du public aux décisions et politiques environnementales, Éditions universitaires de Dijon, collection Sociétés, Dijon.
4. Entreprise libérée et intelligence collective :
Théorisé dans les années 80 et appliqué dans la Silicon Valley par les entreprises les plus adaptées et performantes (GAFAM, Patagonia, Michelin, Leclerc…), les modèles d’entreprise libéré sont multiples (holacratie, sociocratie…) mais reposent toujours sur le principe de gouvernance par l’intelligence collective et la confiance.
Ces structures se soucient du bien-être de leurs collaborateurs, investissent dessus et en récolte ainsi le fruit de leur loyauté et de leur créativité.
Les modèles de gouvernance pyramidale et ultra-hiérarchique issus du fordisme ont prouvé leurs limites d’adaptation à un monde en perpétuel changement.
C’est une culture du travail et de l’entreprise qu’une nouvelle génération est en train de faire évoluer avec confiance en la complémentarité des individus, remplaçant une vision hiérarchique épuisante qui encourageait la compétition interne, les conflits d’égos, limitant l’émergence des idées.
L’entreprise de demain sera celle de la fluidité interne permettant l’agilité externe.
Source :
Isaac Getz, « L’entreprise libérée : Comment devenir un leader libérateur et se désintoxiquer des vieux modèles », Fayard, 2017.
Yvon Chouinard, « Un business responsable, les leçons tirées de 40 ans d’expérience de Patagonia », Vuibert, 2013.
5. Biomimétisme :
La nature vivante est l’entreprise la plus innovante, adaptée et responsable qui existe.
Elle sait s’adapter à tous les changements en utilisant ce qui est à sa disposition : énergie, pression, production de matières biodégradables, adaptation des individus et des groupes, gestion des déchets, dépollution, etc…
Ce sont ces mêmes enjeux auxquels sont confrontées les entreprises aujourd’hui.
Or, toutes les solutions existent déjà dans la nature. Il suffit donc de l’observer, de s’en inspirer, de transposer avec créativité à nos problématiques humaines.
Source :
« Biomimetisme, quand la nature inspire des innovations durables, Janine M. Benyus, Rue de l’échiquier, 1988.
« Le vivant comme modèle », Gauthier Chapelle et Michèle Decoust, Edition Albin Michel, 2015.
6. Pédagogie inversée :

Autrement intitulé le « Learning by doing », les outils de la pédagogie inversée permettent aux apprenants de cultiver une capacité d’analyse, de recherche de solutions et de réflexion. Cela vient compléter le modèle pédagogique plus traditionnel du sachant – apprenant. L’approche considère ici qu’inconsciemment les apprenants ont déjà les connaissances mais ne le savent pas. L’enseignant a donc pour rôle de leur montrer comment accéder à leurs connaissances en posant des questions, créant des études de cas concrets, en donnant à réfléchir au lieu de ne faire que transmettre.
Le pédagogue devient donc un référent plus expérimenté au lieu d’être positionné en « tout-sachant ». Cette posture plus humble génère de l’enthousiasme à apprendre et les résultats obtenus sont tels que progressivement les méthodes de l’éducation nationale et de l’éducation supérieur évoluent avec ses nouveaux outils
Source : Initiatives d’Excellences des Universités (IDEX), investissements d’avenir du gouvernement français (grand emprunt) 2010-2020.
7. Communication non-violente :
Proposé au monde moderne par Gandhi en 1940, soutenu et appliqué par Nelson Mandela dans ses écrits de prison, l’approche de la communication non-violence s’est depuis bien répandue en démontrant ses bienfaits en toute situation.
Basé sur les valeurs du respect, du dialogue et de l’écoute active pour la recherche de compromis et de solutions fertiles, elle présente aussi l’énorme avantage d’être simple à appliquer.
Permettant de mettre en place des relations fondées sur une coopération harmonieuse, sur le respect de soi et des autres, elle induit obligatoirement l’annulation des frustrations individuelles dans n’importe quel contexte.
Sources : Grand médiateurs de la paix et de la résolution de conflit : Gandhi, Mandela, Kofi Annan…
8. Rythmes et cycles du changement :
Les êtres humains vivent régis par des cycles qui leur sont propres ou qui leur sont extérieurs : biologiques, climatiques, géologiques, sociétaux, collectifs ou individuels…
Il s’agira ainsi à chaque échelle de la conduite du changement de la stratégie à la pratique opérationnel de considérer précisément les rythmes et cycles qui influent et de s’en servir sereinement pour ne jamais être à contre-courant des mouvements, pour rester fluide.
Les changements de société sont également régis par les différences culturelles en tensions entre les générations. Or les sociologues ont prouvé une accélération dans les différences générationnelles. Les analystes parlent maintenant de la génération X ou Y ou Z… Des milléniums. Ce sont eux le monde de demain et ils ne se soucient pas des codes des années 80 ou des trente glorieuses. Ils sont adaptés à leur réalité. Et leur monde est en crise. Ils réclament le changement.
Sources :
Michel Serres, « Petite Poucette », Paris, Le Pommier, coll. « Manifestes », 2012.
Alan Fustec et Dominique Sappey-Marinier: « Manager la génération Y avec les neurosciences », Éditions Eyrolles, 2011.
9. Économie circulaire : 
L’économie circulaire est un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en permettant le bien-être des individus.
La conduite du changement basé sur ses principes prévoit d’analyser tous les postes de la production et d’optimiser le passage des éléments d’un poste à l’autre en prenant soin de la gestion des coûts et dans un objectif de réduction des déchets.
La solution pourra donc intégrer des acteurs externes déconnectés directement de la production en tant que nouveaux partenaires de valorisation marchande de ses déchets, par exemple.
Source : LUNIL, dédié à la promotion des innovations sous toutes ses formes en France. Article http://www.lunil.com/tout-savoir-sur-leconomie-circulaire/


